Dommage que le texte de M.Bern Zielinski nait pas été traduit en français car riche et instructif était le sujet.
De son introduction, nous retiendrons « la remise en question du traité de Versailles et lélimination de la France comme grande puissance européenne ont fait, dès le début, partie des buts primordiaux de la politique extérieure de Hitler et des NS. Ce pays voisin occidental passait pour être un obstacle majeur sur la voie de lhégémonie allemande.
(
) après la défaite de la France en 1940, lexploitation systématique de ses ressources économiques dans lintérêt de léconomie de guerre allemande fit partie des buts essentiels des forces doccupation. Le fondement de cette politique fut le traité darmistice imposé par l Allemagne en juin 1940 avec des conditions extrêmes sévères. Pour les années qui suivirent, il avait défini le cadre de la collaboration. Dans les régions méridionales restées inoccupées jusquen novembre 1942, le régime autoritaire et collaborationniste de Vichy, dirigé par le Maréchal Pétain, exerçait le pouvoir gouvernemental.
Pour englober la zone non occupée dans la politique dexploitation du potentiel de main-duvre française, les occupants neurent pas dautre ressource que de coopérer avec Vichy. En zone occupée, les mesures concernant la législation du travail durent , en premier lieu, être prises par les autorités françaises placées sous contrôle allemand. Ceci permit avantageusement au régime national-socialiste de maintenir en France un personnel doccupation relativement réduit. En même temps, on spécula sur le fait que ces mesures édictées par les autorités françaises rencontreraient moins de protestations que si elles avaient été exécutées directement par les occupants.
La philosophie et la technique étant ainsi affirmées, nous enjamberons le dossier chronologique et chiffré bien connu du processus : volontariat, relève, STO, conscriptions, peignage des entreprises, pour relever quelques considérations finales de M.Zielinski.
Au fil des ans et de la situation militaire, face à la Résistance qui ne cessait de prendre de lampleur, le régime de Vichy et les autorités doccupation furent vite dépourvus de moyens dexécution pour procéder, par la contrainte, aux prélèvement dans les proportions prévues. Cest ainsi que début avril 44, environ 53.000 ouvriers avaient été réclamés par lAgence de lEmploi de la main-duvre pour lAllemagne ; 8591 seulement furent envoyés dans le Reich (16% de la demande).
Dautre part, un contingent de plus en plus important de la population active, par suite de laccord Speer-Bichelonne et autres conventions ultérieures, fut exclu des astreints au STO.
Le chargé de pouvoir général pour le travail au service du Reich sétait plaint, en mars 44, redoutant les conséquences des retards pris dans le programme du recrutement de la main-duvre étrangère. En France, Belgique et Hollande, lopinion prévalait quil nétait plus nécessaire pour ces pays de poursuivre lemploi et lenvoi en Allemagne de la moindre main-duvre. Il déclarait : « je suis davis que la création dindustries protégées a constitué une grosse erreur nuisible à lensemble des intérêts allemands. Le Gouvernement français est entré dans ce créneau non sans quelque habileté ».
Le débarquement allié de 44 et la libération de la France qui en découla verrouillèrent alors tous les autres projets de prélèvement par la force.
« Daprès les données du Gouvernement allemand, il y avait début 44, en Allemagne et en France, 4 millions de travailleurs français directement ou indirectement impliqués au profit du Reich. Dans de nombreuses entreprises darmement en France, la moyenne du temps de travail hebdomadaire atteignait 60 heures. De 1940 à 1944, diverses estimations donnent de 850.000 à920.000 Français qui auraient été recrutés pour travailler Outre-Rhin.
Ces chiffres prouvent que malgré les nombreuse contradictions dans lesquelles la politique doccupation allemande sest empêtrée, surtout fin 43, lexploitation de notre main-duvre connut de grandes proportions. Le gouvernement militaire nazi constata que ce résultat naurait pas pu être atteint sans la complicité du côté français ».
Le régime de Vichy « par sa politique collaborationniste », surtout depuis 1942, était devenu de plus en plus lauxiliaire attentionné de la criminelle politique doccupation nazie.
Le régime de Vichy sétait en outre, « dans le cadre de lescalade de la répression » considérablement faschisé.
Les espoirs de substantielles concessions allemandes ne serait-ce quune coopération à droits égaux savérèrent être pure illusion. La collaboration jeta son masque et apparu alors ce quelle était depuis le début du point de vue allemand : une stratégie des plus efficaces pour lexploitation et le contrôle de la France.
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