- PREFACE -
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Oui, cinquante six années d’obscurantisme à notre égard et à celui de notre épreuve…
Malgré les votes à l’Assemblée Nationale toujours favorables à la notion « Déportation pour le Travail Forcé », comment cette qualification sans ambiguïté, donnée par la Résistance elle-même, peut-elle encore nous être contestée ? C’est la question que se pose notre catégorie de victimes de guerre qui n’eut pour tort que d’avoir vingt ans à une période ou, en France occupée, le Gouvernement félon de Vichy pratiquait servilement la collaboration avec le régime hitlérien.
Alors que les noms de Laval, Pétain , Sauckel et autres criminels résonnent mal aux oreilles des français victimes de cette odieuse machination que fut le service du Travail Obligatoire, il s’ en trouvent encore pour clamer « Ils n’auraient pas du partir… ». C’est oublier par trop facilement ce temps de l’occupation et des moyens mis à disposition de l’Administration, de la Police et de la Milice aux côtés de la Gestapo. C’est oublier également qu’entre septembre 1942 et l’été 1943, les rares maquis étaient dans l’incapacité de planquer une telle masse d’hommes.
Il restera au mérite du Colloque International des Historiens d’avoir rétabli la vérité historique sur ces deux points. Si le thème « La main-d’œuvre française exploitée par le 3e Reich » a par la suite été élargi à l’Europe, de nombreuses communications mettent en évidence la triste originalité d’un Etat français livrant sa jeunesse à l’ennemi.
Espérons que nos législateurs d’aujourd’hui, sensibilisés par les « Actes du Colloque » rouvriront le dossier pour mettre un terme à cette injustice et rendront à notre génération et à son épreuve une appellation conforme à la vérité historique.
Mieux vaut tard que jamais.

Robert Piat
Président National