Carte des victimes du travail forcé en Allemagne Nazie

Pour l'Histoire, pour l'Honneur des 600 000 jeunes Français, Requis, Raflés, soumis au STO, la qualité de VICTIMES DU TRAVAIL FORCE EN ALLEMAGNE NAZIE EST ENFIN RECONNUE !

Par décret du 16 octobre 2008, paru au journal officiel le 5 novembre 2008, sous la signature du Secrétaire d’Etat à la Défense chargé des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, la qualité de Victimes du Travail Forcé en Allemagne Nazie nous est reconnue et une carte officielle remplacera le reçu provisoire T11 du statut de 1951 toujours en vigueur.

Notre catégorie de Victimes de Guerre ne sera plus la seule des ressortissants de l’ONACVG à ne pas disposer de carte officielle. Nous avons enfin un titre qui, s’il n’est pas celui que la Nation nous avait donné en 1945, met fin à toutes les ambiguïtés que certains cultivaient toujours à l’égard des requis, raflés, soumis au STO.

Faut-il rappeler qu’il y a encore peu de temps cette notion de TRAVAIL FORCE nous était refusée par certains intégristes ? Désormais l’épreuve subie par plus de 600 000 jeunes Français ne souffre d’aucune autre qualification. Les sous-entendus, les amalgames distillés à notre égard depuis un demi-siècle sont définitivement rejetés.

Nous ne serons plus considérés comme des parias.

La promesse du candidat Nicolas SARKOSY faite au cours de la campagne présidentielle aura été ainsi tenue. Nous n’avions pas été habitués dans le passé à des promesses électorales tenues ! Cela n’a pas été sans difficultés. Surmonter les clichés enracinés depuis 30, 40, 50 ans. Apaiser les craintes d’amalgames quelque fois justifiés. Rejeter les classements catégoriels dans le Travail Forcé. Convaincre des interlocuteurs nés après la guerre, ignorant des réalités d’une France occupée. Rechercher des solutions juridiques respectant les lois de la République…et combien d’autres complications, subtilités qu’il a fallu contourner pour enfin aboutir à un consensus acceptable par tous.

Cela a été possible grâce à une large mobilisation de nos militants des Associations Départementales, de l’aide indispensable de Fédérations d’ACVG proches de nous ; de la confiance et de l’intérêt portés par des Parlementaires qui nous sont toujours restés fidèles dans notre combat pour l’honneur ; des contacts personnels entretenus avec des membres du gouvernement ; des interventions faites à l’Assemblée Nationale, toutes nous ont aidés dans la recherche d’une solution. Cela a été possible grâce à une Direction de cabinet du Ministre chargé des ACVG auprès de laquelle nous avons trouvé des interlocuteurs attentifs et ouverts à nos problèmes.

Cela a été possible grâce à une décision du Premier Ministre François FILLON qui s’était engagé au dépôt, par son gouvernement, d’un projet de loi modifiant le titre provisoire donné par la loi et statut de 1951. Echaudés dans le passé par les lenteurs du Parlement et compte tenu de nos âges, nous avons préféré rechercher une solution immédiate en conservant la carte officielle prévue à l’article 4 du décret d’application de 1952 et jamais concrétisée depuis 56 ans. C’est ainsi que cette carte fait référence au statut de personnes contraintes de la loi de 1951 complétée par le titre de VICTIME DU TRAVAIL FORCE EN ALLEMAGNE NAZIE.

L’importance de ce titre, qui supplante celui de personne contrainte, n’a pas échappé à l’attention du milieu des Anciens Combattants et Victimes de Guerre. Plusieurs journaux internes de Fédérations et d’Associations ont publié, sous ce titre, le décret d’octobre dernier.

L’attribution de cette carte n’apporte aucun droit nouveau à ceux déjà inscrits dans la loi et le statut de 1951. Avec le titre de Victime du Travail Forcé en Allemagne nazie, cette carte officielle inscrit dans la mémoire, pour les générations futures, la seule et vraie épreuve subie entre 1942 et 1945 par ceux qui furent requis, raflés, soumis au STO, victimes des lois scélérates de Vichy.

Il est très important que toux ceux qui depuis 1952 ont obtenu le document provisoire T11 demandent auprès de l’Office des ACVG de leur département cette carte officielle qui, depuis, demeurant dans les archives familiales, témoignera pour les générations futures que le Père, Grand Père, arrière Grand Père… du vrai visage de la lourde épreuve qu’il a subie au cours de sa jeunesse.

Faut-il rappeler que nous avons été les victimes expiatoires de la défaite de 1940, de l’occupation de la France, il est donc impératif que notre Honneur soit conservé pour les générations futures. Pour nous, encore présents, notre mission n’est pas achevée. Nous devons témoigner, encore et toujours témoigner, aux côtés de ceux qui ont souffert davantage que nous, de l’horreur de la guerre, du racisme, des intégrismes, de la folie des extrémistes, et rechercher sans cesse, avec l’esprit de la tolérance, les bases d’une Paix respectueuse des valeurs humaines de chacun.

Notre Fédération qui entre dans sa 64ème année d’existence n’a pas terminé sa mission. Le titre obtenu est une étape heureusement franchie, il reste à redonner, dans l’histoire oubliée de notre pays, la réalité de ce que fut entre 1942 et 1945, la plus grande entreprise d’esclavage du monde contemporain. La confiance et le soutien de tous nous sont indispensables pour assurer cette grande mission.