S.T.O... derrière ces trois initiales l'histoire dissimule l'un de ses chapitres les plus douloureux de la dernière guerre. Cinq millions d'Européens des pays occupés ou annexés par les nazis - dont plus de 600.000 français - furent les victimes contraintes et forcées de ce service du Travail Obligatoire organisé par HITLER dans sa folie hégémonique. S.T.O... à ce vocable aux résonances anodines la RESISTANCE, les Accords de Londres de 1945, le Tribunal International Militaire de Nuremberg lors du procès des grands criminels de guerre et le gouvernement du Général De Gaulle à la Libération ont donné son véritable nom, celui de "Déportation des populations civiles pour le Travail Obligatoire". En le qualifiant de "Crime de guerre, Crime contre l'humanité", les alliés et la plus haute juridiction internationale ont stigmatisé à jamais, suivant l'expression du juge américain JACKSON à Nuremberg "l'Entreprise d'Esclavage la plus étendue et la plus terrible qui se soit jamais vue dans l'histoire". Pour ces 600.000 Français livrés à l'ennemi par le pseudo-gouvernement de Vichy, pour l'honneur des 60.000 qui y périrent, (dont 15.000 furent fusillés, pendus ou décapités) et auxquels la République a attribué la mention "Mort pour la France", la Fédération Nationale des Victimes et rescapés des Camps Nazis du Travail Forcé s'est toujours refusé à laisser tomber le voile noir de l'oubli. Le devoir de mémoire ne peut se satisfaire d'une information sélective. Les peuples qui ferment les yeux sur leur passé sont aveugles devant le présent. A l'opinion publique, aux enseignants, aux parlementaires, aux jeunes générations la Fédération veut, ici, sans esprit polémique, par simple respect de la vérité historique, apporter un éclairage complet basé sur des textes officiels. Sur ce drame mal connu, né de l'occupation hitlérienne et des lois d'exception prises par Vichy les 4 Septembre 1942, 16 Février 1943 et 1er Février 1944, voilà la vérité. S.T.O... pourquoi, diront certains, rouvrir plus d'un demi-siècle après, ce chapitre d'une période noire ? Nous nous bornerons à leur répondre, après Albert SCHWEITZER "La vérité n'a pas d'heure; elle est de tous les temps, précisément lorsqu'elle paraît inopportune". |